• Tic Tac

    Lorsque le temps s’emballe,
    Au fur et à mesure la journée passe,
    Une valse étourdissante bat la mesure.
    Trois points de suspension,
    Deux points d’explication,
    Pour explorer les minutes qui s’écoulent.
    Les engrenages s’entraînent,
    Une virgule instaure le rythme,
    Un apostrophe ponctue l’algorithme,
    Des mots, des phrases, des lignes qui courent,
    L’horizontal cherche la verticale,
    Une idée puis une autre,
    Un point final pour terminer.

    Laetitia Sioen

    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  • Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  • https://4.bp.blogspot.com/-jANd1H_suPQ/XJCHezCTHQI/AAAAAAAAsno/xM-lO5bOjyYzCI7IJlaR1FI1gj1SrxJDACLcBGAs/s1600/bel-endormi.jpg


    Perdu comme l'enfant dont on a lâché la main,
    Les jambes écorchées par d'épineuses ronces,
    Avalé par la forêt où nu, je m'enfonce,
    Dans son monde vert où le vert n'a rien d'humain.

    Je sursaute, je frisonne, ai-je peur,

    Des ombres des fougères qui me frôlent ?
    Je crie pour que j'entende bien mes paroles,
    Mais l'écho ne me renvoie qu'un verbe moqueur.

    Ainsi va mon rêve aux confins de la déraison,

    Je brûle ma nuit à innover son thème,
    Malgré moi, ma foi perce sous le blasphème
    Je m'écrie, ces Lutins n'auront pas ma raison.

    Tous les cailloux qui roulent m'usent les genoux,

    Et des gouttes de sang perlent mon passage,
    Pour ce rêve d'évasion, vous faut-il d'autres gages,
    A vous, Morphée qui savez dormir mieux que nous ?

    Ce matin il m'arrive cette étrange chose,

    L'inspiration n'offre de transcrire mon rêve,
    Plus en vers qu'en prose pour que s'élève,
    Dans mes mots le rêve d'une nuit peu rose ...

    Je suis l'enfant dont on a lâché la main,

    Mes jambes  sont écorchées par d'épineuses ronces,
    Avalé par mon rêve où nu, je m'enfonce,
    Dans mes draps verts où plus rien n'est humain.

    TIMILO

     

    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  • A mes enfants

    Poème à mes enfants

    Vous avez déserté le jardin de l’enfance,
    Votre vie est ailleurs, loin de moi, loin d’ici ;
    Pourtant je pense à vous, toujours, en permanence,
    Je tremble à chaque instant de crainte ou de souci.

    Je vous protège encore et malgré les distances,
    Je vous couvre en secret d’attentions, de douceur,
    De tendresse et de soin, d’amour et de confiance,
    Je prie pour vos succès et pour votre bonheur.

    Quelques fois, je l’avoue, mon cœur souffre en silence,
    Devant la chambre vide imbue de souvenirs…
    Il ne regrette rien… il pleure votre absence
    Et l’envie qu’il aurait de vous voir revenir.

    Isabelle Callis-Sabot

    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  • Mon Panthéon poétique

     

    François Villon

    Du fond des temps, Villon, comme une pure cime ;

    Foi sourde, chaude haleine au grand souffle attristé,

    Prêtre de l’au-delà, voyou lâche et sublime

    Terrifiant et sanglotant d’humanité.

     

    Pierre de Ronsard

    Sous ta plume, Ronsard, monte en un bleu sourire

    Le suc des matins frais succulents de couleurs.

    Dans l’orgueil de tes mots, une belle se mire

    Et célèbre à la fois ton génie et ses fleurs.

     

    Alfred de Vigny

    Délicieux Vigny qui d’un vaste poème

    Sut tisser la lumière à laquelle on rêva :

    Silences murmurés, frisson d’écho suprême,

    Prodiges soupirés à la lèvre d’Eva.

     

    Victor Hugo

    Ton sang herculéen fait trembler nos limites ;

    Hugo, satan céleste, âme en deuil, pâtre nu,

    Hugo, soleil énorme éclaboussé de mythes,

    Qui sculpte l’innommable et cueille l’ingénu.

     

    Gérard de Nerval

    Des flots denses nimbés de magie et de moire

    Polissent ta voix pleine aux suaves grandeurs.

    Nerval, pionnier d’un monde entre songe et mémoire,

    Dont nul n’a jusque-là retrouvé les splendeurs.

     

    Charles Baudelaire

    Au drapé de ton style orageux et solaire,

    Tes cris ont la langueur des ciels qui se défont.

    Avons-nous assez dit qu’en toi seul, Baudelaire,

    Saigne le plus terrible et sourd le plus profond ?

     

    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  •  
     
      Le présent s'embellit du passé.

    Recueil : Les saisons (1769)

    Quand je me dis le soir sous mon toit solitaire,
    J'ai fait ce jour encor le bien que j'ai pu faire ;
    Mon cœur s'épanouit ; j'éprouve en un tel instant
    Une céleste joie, un saint ravissement ;

    Et ce plaisir divin souvent se renouvelle ;
    Le temps n'en détruit pas le souvenir fidèle,
    On en jouit toujours ; et dans l'âge avancé,
    Le présent s'embellit des vertus du passé.

    Du temps, vous le voyez, j'ai senti les outrages ;
    Déjà mes yeux éteints sont chargés de nuages ;
    Mon corps est affaissé sous le fardeau des ans :
    Mais, sans glacer mon cœur, l'âge affaiblit mes sens ;

    J'embrasse avec ardeur les plaisirs qu'il me laisse.
    De cœurs contents de moi j'entoure ma vieillesse ;
    Je m'occupe, je pense, et j'ai pour volupté
    Ce charme que le ciel attache à la bonté.

    Jean-François de Saint-Lambert.
     

    La vie est une fleur.

    Recueil : Poèmes (1990)

    La vie est une fleur qui s'épanouit lentement
    Un a un ouvre ses pétales, éclatante de beauté
    Puis doucement s'éteint et se fane.
    Les gouttes de rosée viennent caresser le bourgeon
    Recroquevillé tel un fœtus.
    Puis dans un cri s'arrache du ventre de la terre,
    Sa mère nourricière.
    Dans l'éclat du petit matin hésite, tremblante et s'ouvre,
    Réchauffée par la lumière et les premiers rayons du soleil.
    Bercée tendrement par la douceur du vent printanier
    Laissant couler les dernières larmes de pluie
    Sur sa robe encore froissée.
    Protégée par sa fragilité et sa beauté éphémère
    Comme l'enfant, petit être naïf et innocent
    Frêle, émerveillée, lentement se redresse et grandit
    Découvre la vie, s'émerveille et s'épanouit
    Puis rebelle, tête haute brave les forces et les tempêtes
    Adulte, trace son chemin, se résigne
    Accepte son destin
    Lentement regarde sa vie,
    S'accroche au passé
    Mais l'avenir défile droit devant
    Et paisible elle s'éteint
    Epargnée par sa fragile nature
    Des agressions qui auraient pu l'anéantir.
    La main innocente qui arrache la beauté de cette fleur
    Ou la haine qui l'écrase de sa botte
    Douloureusement se replie et se recroqueville
    Dans une pluie, verse ses larmes fécondes
    Nourrit la terre de sa source.
     
     
    Christelle David
     


     
    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  • Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire