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      Le présent s'embellit du passé.

    Recueil : Les saisons (1769)

    Quand je me dis le soir sous mon toit solitaire,
    J'ai fait ce jour encor le bien que j'ai pu faire ;
    Mon cœur s'épanouit ; j'éprouve en un tel instant
    Une céleste joie, un saint ravissement ;

    Et ce plaisir divin souvent se renouvelle ;
    Le temps n'en détruit pas le souvenir fidèle,
    On en jouit toujours ; et dans l'âge avancé,
    Le présent s'embellit des vertus du passé.

    Du temps, vous le voyez, j'ai senti les outrages ;
    Déjà mes yeux éteints sont chargés de nuages ;
    Mon corps est affaissé sous le fardeau des ans :
    Mais, sans glacer mon cœur, l'âge affaiblit mes sens ;

    J'embrasse avec ardeur les plaisirs qu'il me laisse.
    De cœurs contents de moi j'entoure ma vieillesse ;
    Je m'occupe, je pense, et j'ai pour volupté
    Ce charme que le ciel attache à la bonté.

    Jean-François de Saint-Lambert.
     

    La vie est une fleur.

    Recueil : Poèmes (1990)

    La vie est une fleur qui s'épanouit lentement
    Un a un ouvre ses pétales, éclatante de beauté
    Puis doucement s'éteint et se fane.
    Les gouttes de rosée viennent caresser le bourgeon
    Recroquevillé tel un fœtus.
    Puis dans un cri s'arrache du ventre de la terre,
    Sa mère nourricière.
    Dans l'éclat du petit matin hésite, tremblante et s'ouvre,
    Réchauffée par la lumière et les premiers rayons du soleil.
    Bercée tendrement par la douceur du vent printanier
    Laissant couler les dernières larmes de pluie
    Sur sa robe encore froissée.
    Protégée par sa fragilité et sa beauté éphémère
    Comme l'enfant, petit être naïf et innocent
    Frêle, émerveillée, lentement se redresse et grandit
    Découvre la vie, s'émerveille et s'épanouit
    Puis rebelle, tête haute brave les forces et les tempêtes
    Adulte, trace son chemin, se résigne
    Accepte son destin
    Lentement regarde sa vie,
    S'accroche au passé
    Mais l'avenir défile droit devant
    Et paisible elle s'éteint
    Epargnée par sa fragile nature
    Des agressions qui auraient pu l'anéantir.
    La main innocente qui arrache la beauté de cette fleur
    Ou la haine qui l'écrase de sa botte
    Douloureusement se replie et se recroqueville
    Dans une pluie, verse ses larmes fécondes
    Nourrit la terre de sa source.
     
     
    Christelle David
     


     
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