• Loin de toi.

    Recueil : Les années tendres (1907)

    Loin de toi, c'est la nuit,
    C'est la nuit triste et sombre,
    Et mon cœur plein d'ennui
    S'ensevelit dans l'ombre.

    Loin de toi, tout fléchit :
    Mon espoir, mon courage ;
    Loin de toi, mon esprit
    Se voile d'un nuage.


    Etzer Vilaire.


    L'amour et la gloire.

    Recueil : Poésies (1811)

    « De la gloire brûlante ivresse,
    Laisse un instant mon âme en paix !
    Dans mes beaux ans, de la tendresse
    Laisse moi goûter les attraits ;
    De ses regrets et de ses peines,
    Quand l'âge viendra m'accabler,
    Il sera temps que tu reviennes,
    Ô gloire ! pour me consoler.

    Le présent nous fuit et s'envole,
    Le passé ne nous entend plus ;
    Dans l'avenir, l'espoir frivole
    Porte nos vœux souvent déçus :
    Pour vivre au temple de mémoire,
    Dois-je oublier jusqu'à mon cœur ?
    Faut-il si loin chercher la gloire,
    Quand près de moi j'ai le bonheur !

    L'amour, dit-on, habile à feindre,
    Nous blesse et se rit de nos pleurs :
    La gloire est-elle moins à craindre ?
    En paix goûtons-nous ses faveurs ?
    Entre ces Dieux que l'on adore,
    Le choix peut-il être douteux ?
    Sans gloire on est heureux encore,
    Sans amour on n'est pas heureux.

    Mais faut-il que je sacrifie
    Ou mon éclat, ou mon bonheur ?
    La gloire peut charmer ma vie ;
    L'amour peut embraser mon cœur :
    Tentons une double victoire !
    Par-là plus de fâcheux retour ;
    Donnons mon esprit à la gloire,
    Et donnons mon cœur à l'amour. »

    C'est ainsi qu'en un beau délire,
    Lise parlait dans son printemps.
    Bientôt on couronne, on admire,
    En elle esprit, beauté, talents.
    Mais d'une trop belle victoire
    L'excès pourtant l'embarrassa,
    Dans son été, toute à la gloire,
    À l'amour elle renonça.

    Alors, que de palmes brillantes
    Payèrent ses nobles travaux !
    Mais que de peines dévorantes,
    Que d'injustices, de rivaux !...
    Enfin , dans son automne, Lise,
    De la gloire aussi se lassa,
    Et s'aperçut, avec surprise,
    Qu'on est heureux sans tout cela.

    Constance de Théis.

    La main dans la main.

     

    Recueil : La part du rêve (1863)

    Va, ne crains plus les maux et le poids de la vie ;
    Ceux qu'affranchit l'amour peuvent braver le sort ;
    Contemplons l'avenir sans peur et sans envie :
    L'amour est fort comme la mort.

    Lorsque de faux amis viendront à toi, soupire
    De sincère pitié pour eux, et, plein de foi,
    Plus haut qu'eux, bien-aimé, viens chercher le sourire :
    Laisse-les tous, regarde-moi.

    Sans compter les périls, vole au but, cœur fidèle ;
    Qu'importent les écueils, les autans, les frimas ?
    Crois que la vie est juste et marche au devant d'elle,
    Front haut, entouré de mes bras.

    Et, la main dans la main, dominant tout prestige,
    Nous vivrons, nous mourrons, triomphants par l'amour ;
    Non plus Toi, non plus Moi, mots que l'amour corrige,
    Mais Nous, sans fin et sans retour !
     
     
     

    J'ai rêvé de toi.

    Recueil : La part du rêve (1863)

    Depuis que je t'ai vue, ébloui par l'éclair,
    Mon œil s'est voilé d'un mirage ;
    Je regarde sans voir, ou je ne vois dans l'air
    Flotter qu'une forme, ta douce image ;

    Le jour, tout éveillé, je songe ; et, dans la nuit,
    Comme un feu follet qui se lève,
    Cette image, la tienne, apparaît, et me suit
    Au plus profond de mon âme et de mon rêve.
     
     
     
     
    Point de bonheur loin de toi.

    Recueil : Romances et chansonnettes (1869)

    Je rêve auprès de toi
    La plus belle existence !
    Un avenir de Roi,
    La Gloire et la Puissance.
    Mais hélas ! loin de toi
    J'ai peur de l'opulence :
    Point de bonheur pour moi
    Quand je suis loin de toi !

    Mon cœur auprès de toi
    Est heureux de ses chaînes.
    Sans ennui, sans effroi,
    Je vais où tu m'entraînes.
    Mais hélas ! loin de toi
    Poignantes sont mes peines :
    Point de bonheur pour moi
    Quand je suis loin de toi !

    Enfin auprès de toi,
    Créature charmante,
    Je ne sais trop pourquoi :
    Tout m'enivre et m'enchante !
    Mais hélas ! loin de toi
    Que l'heure paraît lente :
    Point de bonheur pour moi
    Quand je suis loin de toi !

    Eugène Laureys.
      
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