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    Le miroir

    Jamais vous ne pourrez vous voir vous-même dans un miroir. Un miroir peut être utile à votre toilette, voire indispensable, mais ce n'est pas dans un miroir que vous trouverez la révélation de vous-même. Vous ne pouvez pas vous regarder priant dans un miroir, vous ne pouvez pas vous voir comprenant dans un miroir. Votre vie profonde, celle par laquelle vous vous transformez vous-même, c'est une vie qui s'accomplit dans un regard vers l'autre.

    Dès que le regard revient vers soi, tout l'émerveillement reflue et devient impossible. Quand on s'émerveille, c'est qu'on ne se regarde pas. Quand on prie, c'est qu'on est tourné vers un autre ; quand on aime vraiment, c'est qu'on est enraciné dans l'intimité d'un être aimé. Il est donc absolument impossible de se voir dans un miroir autrement que comme une caricature si l'on prétendait y trouver son secret.

    La vie profonde échappe à la réflexion du miroir ; elle ne peut se connaître que dans un autre et pour lui. Quand vous vous oubliez parce que vous êtes devant un paysage qui vous ravit, ou devant une oeuvre d'art qui vous coupe le souffle, ou devant une pensée qui vous illumine, ou devant un sourire d'enfant qui vous émeut, vous sentez bien que vous existez, et c'est même à ces moments-là que votre existence prend tout son relief, mais vous le sentez d'autant plus fort que justement l'événement vous détourne de vous-même. C'est parce que vous ne vous regardez pas que vous vous voyez réellement et spirituellement, en regardant l'autre et en vous perdant en lui. C'est cela le miracle de la connaissance authentique. Dans le mouvement de libération où nous sortons de nous-mêmes, où nous sommes suspendus à un autre, nous éprouvons toute la valeur et toute la puissance de notre existence...

    Dans ce regard vers l'autre, nous naissons à nous-mêmes.

    Maurice Zundel

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  • Le secret du bonheur

     

    Le secret du bonheur

     

    Un négociant envoya son fils apprendre le secret du bonheur auprès du plus sage de tous les hommes. Le jeune garçon marcha quarante jours dans le désert avant d'arriver finalement devant un beau château, au sommet d'une montagne. C'était là que vivait le sage dont il était en quête.

    Pourtant, au lieu de rencontrer un saint homme, notre héros entra dans une salle où se déployait une activité intense : des marchands entraient et sortaient, des gens bavardaient dans un coin, un petit orchestre jouait de suaves mélodies, et il y avait une table chargée des mets les plus délicieux de cette région du monde. Le sage parlait avec les uns et les autres, et le jeune homme dut patienter deux heures durant avant que ne vînt enfin son tour.

    Le sage écouta attentivement le jeune homme lui expliquer le motif de sa visite, mais lui dit qu'il n'avait alors pas le temps de lui révéler le Secret du Bonheur. Et il lui suggéra de faire un tour de promenade dans le palais et de revenir le voir à deux heures de là.
    - "Cependant, je veux vous demander une faveur", ajouta le sage, en remettant au jeune homme une petite cuiller dans laquelle il versa deux gouttes d'huile. "Tout au long de votre promenade, tenez cette cuiller à la main, en faisant en sorte de ne pas renverser l'huile."

    Le jeune homme commença à monter et descendre les escaliers du palais, en gardant toujours les yeux fixés sur la cuiller. Au bout de deux heures, il revint en présence du sage.
    - "Alors, demanda celui-ci, avez-vous vu les tapisseries de Perse qui se trouvent dans ma salle à manger ? Avez-vous vu le parc que le maître des jardiniers a mis dix ans à créer ? Avez-vous remarqué les beaux parchemins de ma bibliothèque ?"

    Le jeune homme, confus, dut avouer qu'il n'avait rien vu du tout. Son seul souci avait été de ne point renverser les gouttes d'huile que le sage lui avait confiées.
    - "Eh bien, retournez faire connaissance des merveilles de mon univers, lui dit le sage. On ne peut se fier à un homme si l'on ne connaît pas la maison qu'il habite."

    Plus rassuré maintenant, le jeune homme prit la cuiller et retourna se promener dans le palais, en prêtant attention, cette fois, à toutes les oeuvres d'art qui étaient accrochées aux murs et aux plafonds. Il vit les jardins, les montagnes alentour, la délicatesse des fleurs, le raffinement avec lequel chacune des oeuvres d'art était disposée à la place qui convenait.

    De retour auprès du sage, il relata de façon détaillée tout ce qu'il avait vu.
    - "Mais où sont les deux gouttes d'huile que je vous avais confiées ?" demanda le sage.

    Le jeune homme, regardant alors la cuiller, constata qu'il les avait renversées.
    - "Eh bien, dit alors le sage des sages, c'est là le seul conseil que j'aie à vous donner : le Secret du Bonheur est de regarder toutes les merveilles du monde, mais sans jamais oublier les deux gouttes d'huile dans la cuiller".

    Conte traditionnel adapté par Paulo Coelho

     

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  • La caravane humaine

     

    J'ai connu,
    dans ma vie,
    qui s'étire déjà pas mal,
    quelques grands vivants.

    Ils n'étaient pas tous célèbres,
    loin de là.
    Mais ils avaient tous
    assez d'amour dans le coeur
    pour en donner
    à beaucoup.

    Ils n'avaient pas tous un épais portefeuille,
    tant s'en faut.
    Mais ils avaient tous
    une grande passion dans l'âme
    qui donnait du sens
    à tout ce qu'ils faisaient.

    Ils n'étaient pas tous très instruits,
    oh non !
    Mais ils avaient tous développé
    une sagesse en leur esprit
    qui en faisait
    de merveilleux conseillers.

    Ils avaient souffert,
    souvent même beaucoup :
    maladies, échecs, abandons, trahisons.
    Mais jamais,
    ils ne s'étaient laissés abattre.
    Toujours,
    ils avaient rebondi
    devant l'épreuve.

    Ils avaient compris
    depuis longtemps
    que donner
    est plus agréable que recevoir,
    qu'écouter
    est plus intéressant que parler,
    qu'admirer
    est plus utile que condamner.

    Ils avaient découvert
    que l'intelligence sans le coeur
    est bien malcommode
    et que le coeur sans les mains
    ne vaut guère mieux.

    Ils avaient trouvé aussi,
    souvent péniblement,
    que la vraie vie
    ne se vit pas tout seul.
    Il y a les autres
    sur qui on peut s'appuyer.

    Ils avaient tous gardé
    un sens de l'émerveillement peu commun.
    Capables de se pâmer
    devant une rose fraîchement éclose
    autant que devant le sourire d'un enfant
    ou les mains ridées d'un vieillard.

    Ils étaient ardent à l'ouvrage
    et fervents pour l'amour.
    Ils avaient la force des départs
    et le courage des recommencements.
    Ils avaient du coeur au ventre
    et aussi plein les mains.

    Il émanait de leur personne
    une sorte de magnétisme
    qui donnait le goût
    de faire un bout de chemin avec eux.
    Leur seule présence inspirait confiance.
    Ils dégageaient beaucoup d'amour.
    On était bien avec eux.

    A les voir,
    on avait le sentiment d'être meilleur.
    A côté d'eux,
    on avait envie de grandir.
    Ils avaient du feu
    dans les yeux et dans le coeur.

    Et certains,
    au cours du voyage,
    avaient rencontré Dieu
    qui avait éclairé leurs pas,
    guéri leurs blessures
    et réchauffé leurs froidures.

    Bref,
    ils avaient le goût de vivre
    et ils donnaient le goût de vivre.

    * * *

    Mais j'en ai connu d'autres
    qui avaient perdu
    ce goût de vivre
    et qui traînaient à pas lents
    une vie lourde de misères.
    Grands blessés,
    oubliés, déprimés,
    angoissés, perdus.

    Ce n'était pas toujours
    de leur faute.
    Ils ont excité en moi
    la pitié,
    puis la compassion,
    et enfin l'amour.
    Je leur ai voué
    une bonne partie de ma vie.
    Ils sont devenus
    des maîtres pour moi
    et je compte parmi eux
    quelques-uns de mes meilleurs amis.

    Et, il faut le dire,
    j'en ai connu enfin
    qui enlevaient aux autres
    le goût de vivre,
    qui utilisaient les gens
    plutôt que de les aimer.
    Mesquins, égoïstes,
    ambitieux, hypocrites,
    veules, jaloux,
    jugeurs, exploiteurs.

    Eux aussi
    n'étaient pas toujours coupables.
    Ils m'ont souvent donné
    l'envie de vomir
    quand ils croisaient ma route.
    Peu à peu, cependant,
    ils m'ont appris
    la compréhension, la bonté
    et surtout le pardon.

    * * *

    Dans la caravane humaine,
    il y a toutes sortes de marcheurs.
    Des leaders et des suiveurs,
    des infatigables et des fatigués,
    des joyeux et des tristes,
    des bons vivants et des agressifs,
    des grands, des moyens, des petits,
    des fins et des pas-fins,
    des forts et des faibles...

    Les uns courent,
    d'autres s'essoufflent à rien,
    d'autres s'assoient sur le bord de route,
    d'autres enfin rebroussent chemin.

    Mais tous sont portés ou emportés
    par cette marée humaine.
    Tous, même sans le savoir,
    sont avides d'amour,
    sont assoiffés de vie.
    Ils veulent VIVRE.
    Ils portent en eux,
    comme le trésor le plus précieux,
    cet acharnement à vouloir vivre.

    Qui leur a rivé au coeur
    ce goût de vivre,
    dites-le moi ?
    Je ne serais pas surpris que ce soit
    Celui qui est la Vie,
    Celui qui a brisé
    les chaînes de toutes nos morts
    afin que nous puissions
    VIVRE TOUJOURS !

    Jules Beaulac,

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  • Le jour où je me suis aimé pour de vrai -

           Charlie Chaplin

    Simone de Beauvoir a dit "On ne naît pas femme, on le devient".

    Ce poème de Charlie Chaplin nous dit "On ne naît pas humain, on le devient".

    Bon voyage

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai compris qu’en toutes circonstances,
    j’étais à la bonne place,
    au bon moment.
    Et, alors, j’ai pu me relaxer.

             
    Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle     Estime de soi.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle,
    n’étaient rien d’autre qu’un signal lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
    Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle     Authenticité.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai cessé de vouloir une vie différente
    et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle.
    Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle     Maturité.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai commencé à percevoir l’abus
    dans le fait de forcer une situation, ou une personne,
    dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment.
    Aujourd'hui, je sais que ça s’appelle     Respect.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai commencé à me libérer
    de tout ce qui ne m’était pas salutaire,
    personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
    Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.
    Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle     Amour Propre.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai cessé d’avoir peur du temps libre
    et j’ai arrêté de faire de grands plans ,
    j’ai abandonné les mégaprojets du futur.
    Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime,
    quand ça me plait et à mon rythme.
    Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle     Simplicité.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai cessé de chercher
    à toujours avoir raison et me suis rendu
    compte de toutes les fois où je me suis trompé.
    Aujourd’hui, j’ai découvert     l'  Humilité.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
    Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
    Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle     Plénitude.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir ,
    mais si je la mets au service de mon cœur,
    elle devient un allié très précieux.

    Tout ceci c'est....le Savoir vivre

     

                                                                                                                      

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