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     Que cette Fête vous soit douce et le Printemps pas trop frileux..... 

     

    UN poème de Victor Hugo

     

     

    Tout est lumière, tout est joie. 

    L'araignée au pied diligent 

    Attache aux tulipes de soie 

    Les rondes dentelles d'argent. 

    La frissonnante libellule 

    Mire les globes de ses yeux 

    Dans l'étang splendide où pullule 

    Tout un monde mystérieux. 

    La rose semble, rajeunie, 

    S'accoupler au bouton vermeil 

    L'oiseau chante plein d'harmonie 

    Dans les rameaux pleins de soleil. 

    Sous les bois, où tout bruit s'émousse, 

    Le faon craintif joue en rêvant : 

    Dans les verts écrins de la mousse, 

    Luit le scarabée, or vivant. 

    La lune au jour est tiède et pâle 

    Comme un joyeux convalescent; 

    Tendre, elle ouvre ses yeux d'opale 

    D'où la douceur du ciel descend ! 

    Tout vit et se pose avec grâce, 

    Le rayon sur le seuil ouvert, 

    L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe, 

    Le ciel bleu sur le coteau vert ! 

    La plaine brille, heureuse et pure; 

    Le bois jase ; l'herbe fleurit. 

    - Homme ! ne crains rien ! la nature 

    Sait le grand secret, et sourit. 

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  • Après l’hiver

    Victor Hugo

    N’attendez pas de moi que je vais vous donner
    Des raisons contre Dieu que je vois rayonner ;
    La nuit meurt, l’hiver fuit ; maintenant la lumière,
    Dans les champs, dans les bois, est partout la première.
    Je suis par le printemps vaguement attendri.
    Avril est un enfant, frêle, charmant, fleuri ;
    Je sens devant l’enfance et devant le zéphyre
    Je ne sais quel besoin de pleurer et de rire ;
    Mai complète ma joie et s’ajoute à mes pleurs.
    Jeanne, George, accourez, puisque voilà des fleurs.
    Accourez, la forêt chante, l’azur se dore,
    Vous n’avez pas le droit d’être absents de l’aurore.
    Je suis un vieux songeur et j’ai besoin de vous,
    Venez, je veux aimer, être juste, être doux,
    Croire, remercier confusément les choses,
    Vivre sans reprocher les épines aux roses,
    Être enfin un bonhomme acceptant le bon Dieu.

    Ô printemps ! bois sacrés ! ciel profondément bleu !
    On sent un souffle d’air vivant qui vous pénètre,
    Et l’ouverture au loin d’une blanche fenêtre ;
    On mêle sa pensée au clair-obscur des eaux ;
    On a le doux bonheur d’être avec les oiseaux
    Et de voir, sous l’abri des branches printanières,
    Ces messieurs faire avec ces dames des manières.

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  • Nuits d'Hiver

    Nuits d’hiver

    Victor Hugo

    Comme la nuit tombe vite !
    Le jour, en cette saison,
    Comme un voleur prend la fuite,
    S’évade sous l’horizon.

    Il semble, ô soleil de Rome,
    De l’Inde et du Parthénon,
    Que, quand la nuit vient de l’homme
    Visiter le cabanon,

    Tu ne veux pas qu’on te voie,
    Et que tu crains d’être pris
    En flagrant délit de joie
    Par la geôlière au front gris.

    Pour les heureux en démence
    L’âpre hiver n’a point d’effroi,
    Mais il jette un crêpe immense
    Sur celui qui, comme moi,

    Rêveur, saignant, inflexible,
    Souffrant d’un stoïque ennui,
    Sentant la bouche invisible
    Et sombre souffler sur lui,

    Montant des effets aux causes,
    Seul, étranger en tout lieu,
    Réfugié dans les choses
    Où l’on sent palpiter Dieu,

    De tous les biens qu’un jour fane
    Et dont rit le sage amer,
    N’ayant plus qu’une cabane
    Au bord de la grande mer,

    Songe, assis dans l’embrasure,
    Se console en s’abîmant,
    Et, pensif, à sa masure
    Ajoute le firmament !

    Pour cet homme en sa chaumière,
    C’est une amère douleur
    Que l’adieu de la lumière
    Et le départ de la fleur.

    C’est un chagrin quand, moroses,
    Les rayons dans les vallons
    S’éclipsent, et quand les roses
    Disent : Nous nous en allons !

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  • Quand tu me dis je t'aime.

    Recueil : Marie Tudor (1833)

    Quand tu ris, sur ta bouche
    L'amour s'épanouit,
    Et le soupçon farouche
    Soudain s'évanouit !
    Ah ! le rire fidèle
    Prouve un cœur sans détours...
    Riez, ma belle,
    Riez toujours !

    Quand tu dors, calme et pure,
    Dans l'ombre, sous mes yeux,
    Ton haleine murmure
    Des mots harmonieux.
    Ton beau corps se révèle
    Sans voile et sans atours...
    Dormez, ma belle,
    Dormez toujours !

    Quand tu me dis : Je t'aime !
    Ô ma beauté ! je crois,
    Je crois que le ciel même
    S'ouvre au-dessus de moi !
    Ton regard étincelle
    Du beau feu des amours...
    Aimez, ma belle,
    Aimez toujours !

    Vois-tu ? toute la vie
    Tient dans ces quatre mots,
    Tous les biens qu'on envie,
    Tous les biens sans les maux !
    Tout ce qui peut séduire
    Tout ce qui peut charmer...
    Chanter et rire,
    Dormir, aimer !
     
     
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