• Puisque l'aube grandit...

     

    Puisque l'aube grandit, puisque voici l'aurore,
    Puisque, après m'avoir fui longtemps, l'espoir veut bien
    Revoler devers moi qui l'appelle et l'implore,
    Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien,

    C'en est fait à présent des funestes pensées,
    C'en est fait des mauvais rêves, ah ! c'en est fait
    Surtout de l'ironie et des lèvres pincées
    Et des mots où l'esprit sans l'âme triomphait.

    Arrière aussi les poings crispés et la colère
    A propos des méchants et des sots rencontrés;
    Arrière la rancune abominable ! arrière
    L'oubli qu'on cherche en des breuvages exécrés !

    Car je veux, maintenant qu'un Être de lumière
    A dans ma nuit profonde émis cette clarté
    D'une amour à la fois immortelle et première,
    De par la grâce, le sourire et la bonté,

    Je veux, guidé par vous, beaux yeux aux flammes douces,
    Par toi conduit, ô main où tremblera ma main,
    Marcher droit, que ce soit par des sentiers de mousses
    Ou que rocs et cailloux encombrent le chemin ;

    Oui, je veux marcher droit et calme dans la Vie,
    Vers le but où le sort dirigera mes pas,
    Sans violence, sans remords et sans envie :
    Ce sera le devoir heureux et gais combats.

    Et comme, pour bercer les lenteurs de la route,
    Je chanterai des airs ingénus, je me dis
    Qu'elle m'écoutera sans déplaisir sans doute ;
    Et vraiment je ne veux pas d'autre Paradis.

    Paul Verlaine,

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    Titre : Le ciel est par-dessus le toit

     

    Poète : Paul Verlaine (1844-1896)

     

    Recueil : Sagesse (1881).

     

    Le ciel est, par-dessus le toit,
     Si bleu, si calme !
    Un arbre, par-dessus le toit,
     Berce sa palme.

    La cloche, dans le ciel qu'on voit,
     Doucement tinte.
    Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
     Chante sa plainte.

    Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
     Simple et tranquille.
    Cette paisible rumeur-là
     Vient de la ville.

    Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
     Pleurant sans cesse,
    Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
     De ta jeunesse ?

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