• Le printemps

    Le printemps

    Les bourgeons verts, les bourgeons blancs
    Percent déjà le bout des branches,
    Et, près des ruisseaux, des étangs
    Aux bords parsemés de pervenches,
    Teintent les arbustes tremblants ;

    Les bourgeons blancs, les bourgeons roses,
    Sur les buissons, les espaliers,
    Vont se changer en fleurs écloses ;
    Et les oiseaux, dans les halliers,
    Entre eux déjà parlent de roses ;

    Les bourgeons verts, les bourgeons gris,
    Reluisant de gomme et de sève
    Recouvrent l'écorce qui crève
    Le long des rameaux amoindris ;
    Les bourgeons blancs, les bourgeons rouges,
    Sèment l'éveil universel,
    Depuis les cours noires des bouges

    Jusqu'au pur sommet sur lequel,
    Ô neige éclatante, tu bouges ;
    Bourgeons laiteux des marronniers,
    Bourgeons de bronze des vieux chênes,
    Bourgeons mauves des amandiers,
    Bourgeons glauques des jeunes frênes,
    Bourgeons cramoisis des pommiers,

    Bourgeons d'ambre pâle du saule,
    Leur frisson se propage et court,
    À travers tout, vers le froid pôle,
    Et grandissant avec le jour
    Qui lentement sort de sa geôle,
    Jette sur le bois, le pré,
    Le mont, le val, les champs , les sables,
    Son immense réseau tout prêt
    À s'ouvrir en fleurs innombrables
    Sur le monde transfiguré

    Auguste Angellier (1848-1911)
    Poète et universitaire français, il fut le premier professeur de langue et littérature anglaise de la Faculté des lettres de Lille. Il fut également critique et historien de la littérature.

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