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Jaloux du printemps
Jaloux du printemps Poète : René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Les solitudes (1869). Des saisons la plus désirée Et la plus rapide, ô printemps, Qu'elle m'est longue, ta durée ! Tu possèdes mon adorée, Et je l'attends ! Ton azur ne me...
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Aux hirondelles
Aux Hirondelles De l’aile effleurant mon visage, Volez, doux oiseaux de passage, Volez sans peur tout près de moi ! Avec amour je vous salue ; Descendez du haut de la nue, Volez, et n’ayez nul effroi ! Des mois d’or aux heures légères, Venez, rapides...
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La muse des fleurs
La Muse des fleurs... L'âme qui en partant laissa la porte ouverte, Venait bien du rêve qu'en ce moment je vous décris, En frôlant les arbres noirs de sa lumière verte, Elle mêlait sa douceur au souffle de ma nuit. C'est l'heure banale où rien ne dérange...
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Les parfums
Titre : Les parfums Poète : Albert Mérat (1840-1909) Recueil : Les chimères (1866). La moisson sent le pain : la terre boulangère Se trahit dans ses lourds épis aux grains roussis, Et caresse au parfum de ses chaumes durcis L'odorat du poète et de la...
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La cigogne
Titre : La cigogne Poète : Auguste Angellier (1848-1911) Recueil : Le chemin des saisons (1903). Quand la blanche cigogne, à travers le ciel bleu, Frappant à larges coups d'air de sa puissante aile, Le col tendu, ses pieds roses pendant sous elle, Vole...
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Après l'Homme
Après l’Homme Après l’Homme, après l’Homme, Qui dira aux fleurs comment elles se nomment ? Après l’Homme, après l’Homme, quand aura passé l’heure de vie du dernier Homme. Qui dira aux fleurs combien elles sont belles ? N’y aura de coeur à battre pour...
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Coup de blues
Coup de blues ! Le défi nous a surpris, comme toujours en France Un ennemi couronné aux confins des confiances Qui s’agrippe à nos corps et pollue nos pensées Un ennemi infime, s’insérant dans nos vies ! La partie est lancée et les dés sont jetés, Où...
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Ecoutez la chanson
É c o u t e z l a c h a n s o n b i e n d o u c e Écoutez la chanson bien douce Qui ne pleure que pour vous plaire. Elle est discrète, elle est légère : Un frisson d'eau sur de la mousse ! La voix vous fut connue (et chère?), Mais à présent elle est voilée...
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Les femmes et le secret
LES FEMMES ET LE SECRET Rien ne pèse tant qu'un secret ; Le porter loin est difficile aux Dames : Et je sais même sur ce fait Bon nombre d'hommes qui sont femmes. Pour éprouver la sienne un Mari s'écria La nuit étant près d'elle : Ô Dieux ! qu'est-ce...
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Faire le portrait d'un oiseau
Pour faire le portrait d'un oiseau Peindre d'abord une cage avec une porte ouverte peindre ensuite quelque chose de joli quelque chose de simple quelque chose de beau quelque chose d'utile pour l'oiseau placer ensuite la toile contre un arbre dans un...
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Pluie
Pluie Ce nuage est bien noir : - sur le ciel il se roule, Comme sur les galets de la côte une houle. L'ouragan l'éperonne, il s'avance à grands pas. - A le voir ainsi fait, on dirait, n'est-ce pas ? Un beau cheval arabe, à la crinière brune, Qui court...
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Et ma muse...
Et ma Muse... Ne faites pas de bruit et laissez ma plume muette S'endormir pour un temps, Les poèmes rêvés qui sortent de ma tête, S'émiettent en fragments. Si c'est ma Muse, revoilà ma chance, Qui revient ce soir, Parmi ma solitude, errer dans mon silence,...
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Mars
Mars En mars, quand s’achève l’hiver, Que la campagne renaissante Ressemble à la convalescente Dont le premier sourire est cher ; Quand l’azur, tout frileux encore, Est de neige éparse mêlé, Et que midi, frais et voilé, Revêt une blancheur d’aurore ;...
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La Grand-mère
La Grand-mère « Dors-tu ?... réveille-toi, mère de notre mère ! Car ton sommeil souvent ressemble à ta prière. Mais, ce soir, on dirait la madone de pierre ; Ta lèvre est immobile et ton souffle est muet. « Pourquoi courber ton front plus bas que de coutume...
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Accords
Accords Un brin de frime… Accord inexprimé, infime. Et pourtant déjà lien intime. Un brin de frime… Sorte de piège… Encore effleuré, en arpèges. Doux prélude à l’état de siège. Sorte de piège… Et puis soudain… Accords plaqués à quatre mains. Et à deux...
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Le printemps
Le printemps Les bourgeons verts, les bourgeons blancs Percent déjà le bout des branches, Et, près des ruisseaux, des étangs Aux bords parsemés de pervenches, Teintent les arbustes tremblants ; Les bourgeons blancs, les bourgeons roses, Sur les buissons,...
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Après l'hiver
Après l’hiver N’attendez pas de moi que je vais vous donner Des raisons contre Dieu que je vois rayonner ; La nuit meurt, l’hiver fuit ; maintenant la lumière, Dans les champs, dans les bois, est partout la première. Je suis par le printemps vaguement...
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Le cygne
Le cygne Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes, Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes, Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil A des neiges d’avril qui croulent au soleil ; Mais, ferme et d’un blanc mat, vibrant sous le zéphire,...
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A la femme aimée
A la Femme aimée Lorsque tu vins, à pas réfléchis, dans la brume, Le ciel mêlait aux ors le cristal et l’airain. Ton corps se devinait, ondoiement incertain, Plus souple que la vague et plus frais que l’écume. Le soir d’été semblait un rêve oriental De...
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A la nuit
À la nuit Nuits où meurent l’azur, les bruits et les contours, Où les vives clartés s’éteignent une à une, Ô nuit, urne profonde où les cendres du jour Descendent mollement et dansent à la lune. Jardin d’épais ombrage, abri des corps déments, Grand cœur...
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Nostalgie
Le bus et la vache Certains doivent se souvenir de cet autobus parisien à plateforme : le fameux Renault TN, un ”MONUMENT INDUSTRIEL". Sa longue carrière (1931-1971) a fait de cet imposant véhicule (9,50 mètres), reconnaissable entre tous avec sa face...
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La maison sur la montagne
La maison sur la montagne Notre maison est seule au creux de la montagne Où le chant d’une source appelle des roseaux, Où le bout de jardin plein de légumes gagne La roche qui nous tient dans son âpre berceau. Septembre laisse choir sur les molles argiles...
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Imbu de son inculture
Que peut-il bien dire à son miroir Qu'il est beau, qu'il est le plus fort ... Qu'il est intelligent ... etc Le "Sachant", imbu de son inculture, S'interroge devant son miroir, Mais devant sa science, il se figure, Être au summum du vrai savoir. Enthousiasmé...
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Les rêves
Anna de NOAILLES 1876 - 1933 Les rêves Le visage de ceux qu'on n'aime pas encor Apparaît quelquefois aux fenêtres des rêves, Et va s'illuminant sur de pâles décors Dans un argentement de lune qui se lève. Il flotte du divin aux grâces de leur corps, Leur...
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Les Solitaires
Les Solitaires de Renée Vivien Ceux-là dont les manteaux ont des plis de linceuls Goûtent la volupté divine d'être seuls. Leur sagesse a pitié de l'ivresse des couples, De l'étreinte des mains, des pas aux rythmes souples. Ceux dont le front se cache...