Les oiseaux en hiver
Les Oiseaux en Hiver
(Lamartine)
Tant que durent les fleurs, tant que l'épi qu'on coupe
Laisse tomber un grain sur les sillons jaunis,
Tant que le rude hiver n'a pas gelé la coupe
Où leurs pieds vont poser comme au bord de leurs nids.
Ils remplissent le ciel de musique et de joie :
La jeune fille embaume et verdit leur prison,
L'enfant passe la main sur leur duvet de soie,
Le vieillard les nourrit au seuil de sa maison.
Mais, dans les mois d'hiver, quand la neige et le givre
Ont remplacé la feuille et le fruit, où vont-ils ?
Ont-ils cessé d'aimer ? ont-il cessé de vivre ?
Nul ne sait le secret de leurs lointains exils.
On voit pendre à la branche un nid rempli d'écailles
Dont le vent pluvieux balance un noir débris ;
Pauvre maison en deuil et vieux pan de murailles
Que les petits, hier, réjouissaient de leurs cris…
Le monde est à l'envers
Le monde est à l'envers,
et ne sait plus trop comment tourner,
on passe du rond à l'angulaire,
et nous voilà désenchantés,
faudrait vouloir faire disparaitre,
ce qui a pris nos essentiels,
pour que puissent à nouveau renaitre,
les petits riens existentiels,
le progrès va bientôt nous tuer,
en nous noyant dans l'immobile,
on sait déjà si peu s'aimer,
sans nos écrans indélébiles,
les familles partent partout, ailleurs,
et finis les dimanches d'antan,
quand les grand-parents sonnaient l'heure,
des retrouvailles sur le divan,
communiquer devient difficile,
on entend trop sans écouter,
on s'retrouve ensemble sur une ile,
déçus par l'illusion fanée,
le monde est à l'envers,
et la vie perd son sens,
on voudrait tout et son contraire,
et nous voilà bientôt en transe,
noyés par trop d'inaccessible,
alors que le simple nous tend la main,
noyé par l'envie insensible,
alors que l'amour est notre entrain...
Alexandra JULIEN























