La chanson du public
La chanson du public
Quand s’illumine le cirque
On frappe des mains
Quand l’orchestre fait d’la musique
On frappe des mains.
Et voilà Monsieur Loyal
Qui entre en piste à cheval
On frappe des mains
On frappe des mains
Quand le clown nous fait rire
On dit bravo
Quand on voit le lion bondir
On dit bravo
Quand le magicien malin
Fait apparaître un lutin
On dit bravo
On dit bravo
Pour les sauts des acrobates
On tape des pieds
Quand l’ours brun lève la patte
On tape des pieds
Quand les balles de couleur
Voltigent autour du jongleur
On tape des pieds
On tape des pieds
Quand les singes font des grimaces
On crie encore
Quand les poneys dansent une valse
On crie encore
Quand l’éléphant se balance
Devant nous tous, en cadence
On crie encore
On crie encore
Quand le spectacle est fini
On dit merci
Avant qu’le cirque soit parti
On dit merci
Pour les rires et pour les peurs,
Pour ces trois heures de bonheur
On dit merci
On dit merci
Jean Humenry
Voici la mort du ciel
Voici la mort du ciel en l’effort douloureux
Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux.
Le ciel gémit d’ahan, tous ses nerfs se retirent,
Ses poumons près à près sans relâche respirent.
Le soleil vêt de noir le bel or de ses feux,
Le bel oeil de ce monde est privé de ses yeux ;
L’âme de tant de fleurs n’est plus épanouie,
Il n’y a plus de vie au principe de vie :
Et, comme un corps humain est tout mort terrassé
Dès que du moindre coup au coeur il est blessé,
Ainsi faut que le monde et meure et se confonde
Dès la moindre blessure au soleil, coeur du monde.
La lune perd l’argent de son teint clair et blanc,
La lune tourne en haut son visage de sang ;
Toute étoile se meurt : les prophètes fidèles
Du destin vont souffrir éclipses éternelles.
Tout se cache de peur : le feu s’enfuit dans l’air,
L’air en l’eau, l’eau en terre ; au funèbre mêler
Tout beau perd sa couleur.




































