Un dahlia
Courtisane au sein dur, à l'oeil opaque et brun
S'ouvrant avec lenteur comme celui d'un boeuf,
Ton grand torse reluit ainsi qu'un marbre neuf.
Fleur grasse et riche, autour de toi ne flotte aucun
Arôme, et la beauté sereine de ton corps
Déroule, mate, ses impeccables accords.
Tu ne sens même pas la chair, ce goût qu'au moins
Exhalent celles-là qui vont fanant les foins,
Et tu trônes, Idole insensible à l'encens.
- Ainsi le Dahlia, roi vêtu de splendeur,
Elève sans orgueil sa tête sans odeur,
Irritant au milieu des jasmins agaçants !
Femme, Ô femme
Femme, ô femme grande et sublime
Vêtue de ton bel habit bleu
Et de cette beauté ultime
Qui nourrit l’amour par le feu,
Toi qui m’inspires tant de joie
De mots et de phrases et de vers
Ton amour me porte et déploie
Cette promesse familière.
Mon âme se demande souvent
Si tu sens ces mots qui me portent
Indispensables et fascinants
Tes yeux uniques me transportent
Dans cet ailleurs qui est le tien.
Ton regard lointain m’y emmène,
Ta douceur me prend par la main
Et grâce à toi j’écris sans peine.
Femme, ô femme grande et sublime
Tu es ma muse tu es mon âme
Et avec ta beauté ultime
Tu nourris l’amour par le feu.























