Sonnet 89

Publié le par Elettra

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Sonnet 89

A ma mort tu mettras tes deux mains sur mes yeux,
Et que le blé des mains aimées, que leur lumière
Encore un coup sur moi étendent leur fraîcheur,
Pour sentir la douceur qui changea mon destin.

A t’attendre endormi, moi je veux que tu vives,
Et que ton oreille entende toujours le vent;
Que tu sentes le parfum aimé de la mer,
Et marches toujours sur le sable où nous marchâmes.

Ce que j’aime, je veux qu’il continue à vivre,
Toi que j’aimais, que je chantais par dessus tout,
Pour cela, ma fleurie, continue à fleurir,

Pour atteindre ce que mon amour t’ordonna,
Pour que sur tes cheveux se promène mon ombre,
Et pour que soit connue la raison de mon chant.

Pablo Neruda (1904-1973)
Sonnet 89, La Centaine d'amour
Poète, écrivain, diplomate, homme politique et penseur chilien, il est considéré comme l'un des quatre grand de la poésie chilienne.

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L
Je me permet de vous signaler l'absence du o dans le mot impitoyablement.
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