Quand la paix envahit mon âme

Quand la paix envahit mon âme...
De mes livres rangés qui confondent leurs titres,
Mes yeux vont s'échapper à travers les vitres,
Vers les rosiers dénudés sur un ciel trop gris,
Dans ce jardin abstrait que je peins aujourd'hui.
Que de murs sans soleil, que de toits sans fumée!
Mais l'hiver n'a rien d'une saison déprimée,
Branchages nus, maisons closes trop vite le soir,
Renoncement qui doit anticiper l'espoir.
Je vois bien que l'ennui à pas feutrés s'avance
Prêt à combler son vide, ignorant ma présence,
Il y a bien des matins ensoleillés d'hiver,
Je ne souviens plus du dernier, est-ce hier?
Déjà nous voyons mes narcisses éclore ,
Peuvent-ils s'accommoder d'un ciel incolore?
Qui aujourd'hui ne demande rien? Mais demain!
Un ange souffle sur moi, est-ce pour mon bien?
Aussitôt j'analyse le mot "ataraxie"
L'heure a du s'arrêter quelque part aujourd'hui,
Puisque que le jour s'allonge sur mon petit jardin,
Si peu sûr de lui-même en cet air citadin.
Illusoire, mais non! Ceci n'a rien d'un rêve,
Il ne doit pas s'endormir, faire une trêve,
Mon jardin a-t-il oublié qu'il est en l'hiver,
En se dépouillant de son vêtement de chair?
S'il sommeille, je suis calme, on se repose,
L'amandier fleurit dans un ciel gris, tout rose,
Que d'herbes folles poussent autour du banc,
Où je viens m'asseoir en attendant le printemps.
TIMILO
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