L'homme et la mer
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !
Charles Baudelaire (1821-1867)
Rencontres improbables
Rencontres improbables
L’haleine de l’azur expire son pollen
Un soleil pourpre relève ses paupières
Matin vient de poser une goutte rosée,
Larme de joie, sur un monde éveillé !
Une fleur s’agite au zéphyr de la vie
Mélange de beauté de grâce et de parfums !
Une abeille se penche aspirant avidement
Un nectar divin, qui dans sa trompe luit…
Les arbres, pieds à terre, veulent se cajoler
Dans un bruissement de feuilles agitées
Les oiseaux s’envolent, piaillant et sifflotant
La lune pâle au loin, referme ses quartiers !
Le silence feutré de cette matinée
S’enveloppe de soleil et d’ombre
Les bruits de la ville au loin résonnent
La nature offre son corps d’eau et de mystère
Au monde qui frissonne !
Pierre St Vincent







































