Paris bloqué
Ô ville, tu feras agenouiller l’histoire.
Saigner est ta beauté, mourir est ta victoire.
Mais non, tu ne meurs pas. Ton sang coule, mais ceux
Qui voyaient César rire en tes bras paresseux,
S’étonnent : tu franchis la flamme expiatoire,
Dans l’admiration des peuples, dans la gloire,
Tu retrouves, Paris, bien plus que tu ne perds.
Ceux qui t’assiègent, ville en deuil, tu les conquiers.
La prospérité basse et fausse est la mort lente ;
Tu tombais folle et gaie, et tu grandis sanglante.
Tu sors, toi qu’endormit l’empire empoisonneur,
Du rapetissement de ce hideux bonheur.
Tu t’éveilles déesse et chasses le satyre.
Tu redeviens guerrière en devenant martyre ;
Et dans l’honneur, le beau, le vrai, les grandes moeurs,
Tu renais d’un côté quand de l’autre tu meurs.
Le noir en couleur
J'aime le noir
Le vrai noir
Qui éclaire mes étoiles
Et qui jaillit de l'ombre
Comme un animal sombre
Magie d'un cœur sans voile
J'aime le noir
Le vrai noir
Celui qui se fait rouge
Carré noir des habits
Délivrés du rouge sang
Des chemins noirs du temps
Diva en queue de pie
Des femmes en noir qui bougent
J'aime le noir
Le vrai noir
Qui viole tous les miroirs
Pauvresse des marchés noirs
Flamme de chaque leader noir
En vieillesse au mouroir
J'aime le noir
Le vrai noir
Qui rosit tout ton corps
De caresses et d'amours
Qui broie le noir des jours
Pareil au noir du sort
J'aime le noir
Le vrai noir
Au blanc d'une noirceur d'âme
Au banc mineur de femme
La liste noire sait l'écueil
Pareil au noir en deuil
Sous l'œil fluo
Carré noir d'un duo
J'aime le noir
Le vrai noir
























