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Souvenirs d'école
Nuit de neige
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.
Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas,
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet, ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.
Guy de Maupassant
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Eloïse se regarde dans le miroir,
Où sont passées les boucles noires
Qui l’habillaient du matin au soir ?
Coupées, parties, arrachées, tombées,
Bien trop vite, elle est désespérée.
Que vont penser ses camarades
Demain dans la cours de l’école,
Indifférence générale ou secrète rigolade
Ces pensées trop sombres l’affolent.
Et Marta, sa meilleure amie
Elle, qui sait ce que sont les moqueries
Avec son accent venu d’ailleurs
Devant affronter sans cesse les esprits railleurs
Qui se moquent de sa prononciation
Certes différente, mais pleine d’imagination.
Ce matin, un nouveau jour vient déclore
C’est merveilleux, point de mort
Heureusement, cela signifie :
Qu’Eloïse est en vie
Et qu’elle pourra encore conjurer le sort.
Chemise, jeans, ceinturon et bandana sur la tête
Eloïse est fin prête.
Elle pénètre discrètement dans la cour
Et déjà entend les rumeurs de certains discours :
Drôle d’allure, pas habituelle
Coiffe étrange, peu conventionnelle.
Les autres s’écartent sur son passage
Auraient-ils des peurs d’enfants pas sages ?
Mais Eloïse est en vie
Alors elle leur sourit.
Son amie, Marta brave les railleries
S’approche d’Eloïse, prend sa main attendrie
Sous les regards de ces persécuteurs
Marta pense : de quoi ont-ils si peur ?
Ils sont déjà si contaminés
Par tant de préjugés.
Marie-France Ochsenbein
Née en 1971 en Seine-et-Marne, Marie-France Ochsenbein est membre de l'Etrave et de Poètes sans Frontières. Elle publie également dans plusieurs revues comme Le Cafard Hérétique, Le Capital des Mots, L'Ampoule, Traction-Brabant, Short Edition...
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