Les fleurs de Novembre
Un bourdon vient d'émouvoir le cœur de ce chrysanthème,
En ce jour où l'automne a repris à l'été ses habits,
C'est ici que réapparaissent les ombres que l'on aime,
Quand on voit s'écouler leur vie sur le marbre trop gris ?
Mais la fleur est coupée, pourquoi vouloir la féconder,
Le bourdon est comme moi, coupé de toute logique,
Croire que d'un geste on pourrait tout changer,
L'histoire ne retient que les côtés tragiques.
Les fleurs de Novembre ont-elles pris de l'avance,
En épanchant ainsi leur cœur de velours noir,
Où l'insecte bourdonnant de fausses espérances,
S'est brûlé aux flammes des souvenirs, ce soir ?
Sous la jupe en pétales d'une fleur unicolore,
Un cœur rempli de contritions est venu se blottir,
Sous ce drôle de soleil, une longue minute encore,
De ce que fut une vie et qui est devenu souvenirs.
Dans la transparence des éthers, médite le poète,
Si les années passées l'ont désigné Troubadour,
Comment pourrait-il écrire avec une plume d'aigrette,
Comment pourrait-il dire adieu si ce n'est d'un cri d'amour ?
TIMILO
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