J'hante les gorges profondes
Je parcours ta beauté sans peine,
Te découvrant à demi-nue,
En t'imaginant la Reine,
Des Vénus aux seins pointus.
"J'hante" les gorges profondes,
Que mes mains ont mal dessinées,
Celles où le fusain gronde,
Parce qu'il est très mal taillé.
Tout l'étrangeté d'une femme,
Est là offerte à la lumière,
Comme une immense flamme,
Sur mon chevalet austère.
Lorsque je peins, quelle aventure !
Je sens poindre le résultat,
Mes gouaches qui ont fières allures,
Cherchent loin l'or de ton aura.
Mais à trop prétendre je vois,
Qu'une couleur me devance,
Le noir fusain, charbon de bois,
N'est plus fantaisie mais science.
Dans mes gestes, ce mouvement,
Qui parle à ton cœur fragile,
Comme un docteur aux mains habiles,
De sa folie à son patient.
Avalant tes courbes sans gêne,
Je crayonne ton corps nu,
En te faisant la Reine,
Des femmes aux seins menus.
TIMILO
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