Femme aux cheveux roux
FEMME AUX CHEVEUX ROUX
La couleur flamboyante de tes cheveux roux
Avec ce reflet d’incendie sur ce miroir jaloux
De tes jolis petits grains ,tes tâches de rousseur
Qui parsèment ton visage en douceur.
Ta couleur charbon enflamme nos âmes
Boucles vermillon comme les rayons du soleil
Qui se couche au crépuscule sur la mer en sommeil
Ta différence pose question à toutes les femmes.
Sur ta divergence qui fait de toi cet être exceptionnel
Convoitée où décriée c’est selon, la pâleur de ta peau
Mérite des soins particuliers et ton épiderme inhabituel
Se marie avec tes yeux verts qu’y a t-il de plus beau.
A ta naissance tu as reçu ce cadeau où tu es reine
Tu as la douceur du velours, doux comme l’amour
Pour aller danser dans ta robe en dentelle aérienne
Où tu seras pour un soir une déesse pour toujours.
Texte de Colette Guinard
Origine Carnaval de Venise
Cette fête qui nous paraît aujourd’hui bon enfant a une origine lointaine et une symbolique très forte.
En choisissant de porter un masque, un déguisement, on choisit de changer de condition, on oublie ses origines sociales, on s’autorise, l’espace des festivités, un « changement de peau » : les hommes se déguisent en femmes, les femmes en hommes, les enfants s’octroient des droits d’adultes… Le choix du déguisement est révélateur de ce que nous portons en nous, ou ce à quoi l’on aspire, mais en même temps on se masque le visage. On révèle donc moins sa personnalité que l’on incarne une forme d’archétype socialement utile.
Les Saturnales et les Lupercales de la Rome antique, de même que les fêtes dionysiaques en Grèce, relevaient d’une symbolique similaire qui consistait à inverser les rôles pendant quelques jours : les esclaves devenaient les maîtres, les maîtres devenant esclaves les servaient à table.
Il faut cependant remonter encore davantage dans le temps pour comprendre la signification profonde du Carnaval, qui constitue l’une des plus anciennes traditions liées aux cycles des saisons.
L’année commençait en mars, début du renouveau de la nature, du réveil de la terre après la période hivernale. Or, pour les anciens, avant toute nouvelle création, le monde doit retourner au chaos primordial pour mieux se ressourcer. Ce chaos était représenté par une joute où s’affrontait deux camps, l’un représentant l’hiver (le passé), l’autre représentant le printemps (le futur). L’hiver vaincu cédait la place au printemps.
Progressivement, l’hiver est remplacé par un personnage unique porté en cortège (la parade) jusqu’à sa mise à mort symbolique afin que toute la communauté puisse se ranger du côté du printemps. Ce personnage était confectionné en bois ou en paille afin d’être brûlé lors de joyeuses ripailles. Nous le connaissons aujourd’hui sous la dénomination de « sa majesté carnaval », souvent représenté par un mannequin de grande taille, portant couronne et attributs royaux et transporté sur un char fleuri.
Quand l’Eglise christianisa le calendrier, les fêtes et rituels associés, elle s’appropria tout naturellement ce Carnaval qui marquait une transition entre la fin de la période hivernale où la cuisine était grasse (le Mardi gras) et le début de la période de jeûne qui conduisait jusqu’à Pâques. Ainsi, ces réjouissances, ces abus étaient les derniers avant le Carême. Etymologiquement d’ailleurs, carnaval viendrait du latin « carnelevare » qui signifie « s’abstenir de viande ».
La tradition découpant le temps en tranches de 40 jours, la célébration du Carnaval change chaque année puisqu’il est lié au dimanche de Pâques (40 jours après le mercredi des cendres), elle-même date « mobile » car fixée le premier dimanche après la pleine lune suivant le 21 mars.
Le Carnaval comprend ainsi deux aspects fondamentaux :
– c’est une fête annonciatrice du printemps ;
– c’est une fête-exutoire réalisant l’inversion exceptionnelle de l’ordre social.
Encore un signe des méfaits qu’amena la Révolution : le Carnaval fut interdit en 1790… et c’est sous le Consulat que l’on voit revenir « sa majesté Carnaval ». Bonaparte autorise à nouveau les bals de Carnaval, les mascarades populaires, les danses, les jeux, et les Français ne se firent pas prier pour les remettre rapidement à l’honneur. C’est aujourd’hui encore un grand moment de défoulement communautaire.
Nous trouvons partout en France des Carnavals ; les plus connus, qui se distinguent par leur envergure ou leur originalité, sont ceux de Nice, de Dunkerque, de Granville, de Limoux, de Châlons-sur-Saône, d’Annecy, d’Albi, de Mandelieu. Beaucoup d’autres pays européens ne sont pas en reste comme l’Italie, la Belgique, la Suisse, l’Allemagne, la Bulgarie, le Portugal, l’Espagne ou encore la Slovénie.
Charles Ledoux
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