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L'homme et la femme
"L’homme est la plus élevée des créatures,
La femme est le plus sublime des idéaux.
Dieu a fait pour l’homme un trône,
Pour la femme un autel.
Le trône exalte,
L’autel sanctifie.
L’homme est le cerveau,
La femme le cœur.
Le cerveau fabrique la lumière,
Le cœur produit l’Amour.
La lumière féconde,
L’amour ressuscite.
L’homme est fort par la raison,
La femme est invincible par les larmes.
La raison convainc,
Les larmes émeuvent.
L’homme est capable de tous les héroïsmes,
La femme de tous les martyres.
L’héroïsme ennobli,
Le martyre sublime.
L’homme a la suprématie,
La femme la préférence.
La suprématie signifie la force,
La préférence représente le droit.
L’homme est un génie,
La femme un ange.
Le génie est incommensurable,
L’ange indéfinissable.
L’aspiration de l’homme,
C’est la suprême gloire,
L’aspiration de la femme,
C’est l’extrême vertu.
La gloire fait tout ce qui est grand,
La vertu fait tout ce qui est divin.
L’homme est un Code,
La femme un Évangile.
Le Code corrige,
Évangile parfait.
L’homme pense,
La femme songe.
Penser, c’est avoir dans le crâne une larve,
Songer, c’est avoir sur le front une auréole.
L’homme est un océan,
La femme est un lac.
L’océan a la perle qui orne,
Le lac, la poésie qui éclaire.
L’homme est un aigle qui vole,
La femme est le rossignol qui chante.
Voler, c’est dominer l’espace,
Chanter, c’est conquérir l’Âme.
L’homme est un Temple,
La femme est le Sanctuaire.
Devant le Temple nous nous découvrons,
Devant le Sanctuaire nous nous agenouillons.
L’homme est placé où finit la terre,
La femme où commence le ciel."
Victor Hugo
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Belle chose de la vie
« Rien n’est plus doux, rien ne donne à la peau une sensation plus délicate, plus raffinée, plus rare que la robe tiède et vibrante d’un chat. »
Guy de Maupassant
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Femme et chatte
Femme et chatte
Elle jouait avec sa chatte,
Et c’était merveille de voir
La main blanche et la blanche patte
S’ébattre dans l’ombre du soir.
Elle cachait – la scélérate ! –
Sous ces mitaines de fil noir
Ses meurtriers ongles d’agate,
Coupants et clairs comme un rasoir.
L’autre aussi faisait la sucrée
Et rentrait sa griffe acérée,
Mais le diable n’y perdait rien…
Et dans le boudoir où, sonore,
Tintait son rire aérien,
Brillaient quatre points de phosphore.
Paul Verlaine
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