Présence invisible
Ici tout est calme mais rien n'est silence,
Ma garrigue stridule d'appels familiers,
Quand le romarin et le thym dansent,
Leurs fragrances enivrent tout même les cyprès.
Je sens autour de moi la présence invisible,
D'êtres épars qui voudraient bien me parler,
Mais comment pourraient-ils faire, est-ce possible
D'entrer en communion avec ces farfadets ?
Car tout est vivant même si tout semble mort,
Comme l'âme lointaine des gouttes d'eau,
Qui tombe du ciel, ce trop juste apport
Fait de le garrigue un monde d'arbrisseaux.
La pluie si chaotique trop vite s'évapore,
Des fleurs pleines de miel, des genêts pleins de chants,
Tout semble pénétrer en moi par chaque pore,
Comme la joie criante des cystes au printemps.
Tout mon moi ressuscite plus s'éloigne Pâques,
Ici le bonheur est frôlé par mes deux mains,
Tant d'âmes sont là que mes paupières opaques,
M'empêchent de voir flotter sur les chemins.
Si confidentielle est la garrigue d'ici,
A qui sait l'approcher avec humilité,
Moins charnelle alors mon humanité subit,
Tout le bienfait de sa sainte intimité.
TIMILO
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