C'est noir et j'ai froid
Tout est noir et il fait froid,
En cette fin saison estivale,
Où malgré les fleurs de la lune,
Aucune n'embaume le lilas.
Pensées mélancoliques,
Sevrées de chaleur humaine,
J'imagine ce coin en hiver,
Ébouriffé par la Tramontane.
Où le bonheur en cloque,
s'affiche sur papier glacé,
Où ce qui semble chouette,
Ne hulule que pour chialer.
Où dans ma chambre, esseulée,
Ma vieille Choupy ronronne,
Rêvant si fort au Chat Botté,
Que mes draps s'en étonnent
Où tout au fond de la ville,
Des maisons devenues borgnes,
A force d'être crevées d'injustices,
Puant la misère des autres.
Cette misère me bouscule,
Tant je l'entends qui hurle,
Tant je reçois son souffle,
Fétide en plein visage.
Malgré les fleurs de la lune,
Rien n'embaume le lilas,
D'une détresse trop humaine.
Cette nuit j'erre bien seul,
En cette fin saison estivale,
Où malgré les fleurs de la lune,
Rien n'embaume le lilas...
TIMILO
www.lejardinpoétiquedetimilo.com
La dérive du rouge
Parce que chaque mot cache une fin du monde
et que l’ombre rend plus vive la lumière
la vie belle de sa blessure rouge
flamboie de tristesses éparpillées
Un rouge exubérant à en mourir
un rouge à aimer sans prendre souffle
à boire comme un merveilleux poison
Le rouge de mon amour me brûle si fort
Le flamboyant rouge au silence violent
feu de joie ou sacrifice sanglant
le flamboyant carnivore suce le sang de l’été
mon cœur en fait autant, j’en suis maculée
Nous sommes comme des amants voraces
Qui me dira qu’il n’est pas beau de pleurer
qui me dira de me livrer dans l’instant vermeil
et pourquoi le sang tenace de l’été renaît
dans l’orgasme du flamboyant...
(Kettly Mars )























