Jeune, j'en rêvais
J'ai rêvé de jouets qu'on n'avait pas encore inventés,
Des jouets aux mille formes, aux mille couleurs,
Comme des polichinelles géants, ces robots de maintenant,
...... De bonbons, de fraises Tagada, de bateaux, d'avions, de fleurs.
J'aurais voulu être cet homme, être grand, être fort,
La nature m'a comblé, je suis grand, j'étais fort,
Mais cela n'a duré qu'un temps,
Mais quelque chose que je ne pouvais pas imaginer,
Est venue avec l'âge interrompre tout ça;
J'aurais voulu être Victor Hugo,
Pour rendre Esméralda encore plus attirante,
J'aurais aimé être un vrai poète,
Si en temps que rimailleur je m'entraîne à l'être,
Le succès qui n'est pas encore là,
Ne sera peut-être jamais au rendez-vous.
J'aurais rêvé d'être celui que je ne suis pas,
Un itinérant insatisfait de son périple,
Qui désire aller plus loin, plus haut, très loin, dans d'étranges villes,
J'aurais aimé être cet absent qu'on regrette et qu'on pleure.
Pourtant j'ai rêvé d'espace, de lumière,
De rivages, d'océans, d'îles proches, d'îles lointaines,
De palmiers, de déserts, de forêts.
Mais par dessus tout j'ai demandé le grand Amour.
Le grand, l'unique, l'éternel Amour,
Celui qui ne s'écrit qu'en majuscules.
... Mais ont fondu mes désirs fous, mes illusions démesurées
Avec l'écoulement limpide des années
A l'heure où dans le bilan d'une vie on ne voit que son passif
Me revoici, ébloui par cette fuite en avant dans les rêves
Regrettant ce qui fut et ce qui ne fut pas
N'espérant plus rien, aujourd'hui pour moi-même,
Que mes rêves fous perdurent dans ma tête.
Pourtant un rêve plus grand que tous les autres rêves,
Une utopie dans ce monde de violence,
J'ose encore rêver de paix,
Et le bonheur pour tous les hommes sur terre.
TIMILO
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