Rencontres improbables
Rencontres improbables
L’haleine de l’azur expire son pollen
Un soleil pourpre relève ses paupières
Matin vient de poser une goutte rosée,
Larme de joie, sur un monde éveillé !
Une fleur s’agite au zéphyr de la vie
Mélange de beauté de grâce et de parfums !
Une abeille se penche aspirant avidement
Un nectar divin, qui dans sa trompe luit…
Les arbres, pieds à terre, veulent se cajoler
Dans un bruissement de feuilles agitées
Les oiseaux s’envolent, piaillant et sifflotant
La lune pâle au loin, referme ses quartiers !
Le silence feutré de cette matinée
S’enveloppe de soleil et d’ombre
Les bruits de la ville au loin résonnent
La nature offre son corps d’eau et de mystère
Au monde qui frissonne !
Pierre St Vincent
Voyelles
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
— O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
Arthur Rimbaud,






















