Apprécions l'instant

Publié le par Elettra

 

Apprécions l'instant

Apprécions l'instant

Parmi les augustes rochers, parmi les dédales mauves,
Le soir s'en va à pas feutrés, plane comme l'oiseau silencieux,
A l'assaut des hauts sommets dont les crêtes tutoient les cieux,
Lorsque le feu du jour n'éclaire plus que leurs têtes chauves.

Cet ambre sombre qui monte obscurcissant le loin horizon,
Ramène en tirant sur lui, son manteau auréolé de brume,
Le forgeron du ciel éteint en frappant fort sur son enclume,
L'incandescente braise rougeoyante de son ultime tison.

Les arbres du petit bois ont enfilé rapidement pour s'endormir,
Leurs tenues de nuit, nuance sombre sur sombre nuance,
Et sous l'effet de la tramontane, la musicienne du silence,
Tourbillonnent en rêve les notes de leurs derniers souvenirs.

L'air devient plus plus frais et dans la futaie toute proche,
S'est tue la complainte harmonieuse d'un grand pinson,
Un joli rossignol donne maintenant une suite à sa chanson,
Dessinant ses vocalises en s'essayant au triples croches.

A l'instant, le vent fait sa pause et tout l'air devient serein,
La langue noire de la nuit monte, monte vers les hauts sommets,
Mouchant la toute dernière veilleuse en rallumant les feu-follets
Des lointaines étoiles comme le ferait un grand magicien.

TIMILO

www.lejardinpoétiquedetimilo.com

 

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