Le poème chinois

Publié le par Elettra

 

Le poème chinois (shi) : les formes et les règles de base

 

Les genres de la poésie chinoise

诗 est le terme générique pour parler de la poésie dans la littérature chinoise.

Il existe 3 genres principaux :

  • shi (诗);
  • ci (词): des poèmes chantés accompagnant une musique;
  • qu (曲): des poèmes chantés qu’on trouve dans les opéras.

Chaque forme est associée à une époque spécifique de l’histoire de la Chine : Tang shi (唐诗), Song ci (宋词) et Yuan qu (元曲).

Aujourd’hui, les poèmes chinois les plus connus sont ceux de la dynastie Tang.

Ce sont ceux-là que les écoliers apprennent en premier.

Les règles basiques

En chinois, la rime est plus simple qu’en français.

Seules les voyelles finales des vers doivent correspondre. Elles ne sont pas forcément identiques, mais sont similaires (ex. : 光 guāng et 乡 xiāng).

Les tons entrent en ligne de compte : le premier ton s’oppose aux autres, dits obliques.

Chaque genre poétique possède ses propres règles de prosodie.

Par exemple, les poèmes réguliers de l’époque Tang comptent quatre ou huit vers de 5 ou 7 pieds. Pour les ci, la longueur des vers est déterminée par la mélodie de la musique.

Dans la poésie chinoise, le rythme sémantique est crucial.

Un caractère peut fonctionner comme un mot simple (ex. : 水) ou comme un élément d’un mot à deux caractères (ex. : 海水).

Ainsi, un poème chinois classique présente un rythme sémantique prévisible, caractérisé par des combinaisons de 1 ou 2 signes.

 poème que tous les enfants connaissent en Chine

#1 静夜思, 李白 – « Pensées d’une nuit calme » de Li Bai

« Pensées d’une nuit calme » est écrit par Li Bai, l’un des plus grands poètes de l’histoire de la Chine.

Il s’agit d’un poème classique que tous les enfants en Chine savent réciter.

Si vous ne deviez mémoriser qu’un seul poème chinois, ce serait celui-ci 
静夜思

 

 

床前明月光

疑是地上霜

举头望明月

低头思故乡

Jìngyè sī

 

 

chuáng qián míngyuè guāng

yí shì dìshàng shuāng

jǔtóu wàng míngyuè

dītóu sī gùxiāng

Traduction littérale :

Devant mon lit se reflète le clair de lune

Ou est-ce le givre sur le sol ?

Levant la tête, je contemple la lune qui brille

Baissant la tête, je songe à mon village natal.

Analyse :

À l’époque où il a écrit ce texte, Li Bai avait quitté sa ville natale pour devenir érudit à la cour impériale. Dans ce poème, l’auteur exprime la mélancolie et le mal du pays qu’il ressent en contemplant la lune.

Il faut savoir que dans la culture chinoise, la lune est un symbole de réunion familiale.

Ainsi, l’image de la lune accentue la distance qui le sépare de ses proches.

Au niveau de la forme, vous pouvez noter la rime en « āng », sauf dans le troisième vers.

À propos de l’auteur :

Avec Du Fu, Li Bai est l’un des deux poètes chinois les plus célèbres de la dynastie Tang.

Surnommé « le poète immortel », il a composé de nombreux textes sur le thème de l’amitié, de la nature, du temps qui passe, mais aussi… sur le vin ! D’ailleurs, il était connu pour son penchant pour l’alcool. Ganbei ! :p

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