Article publié depuis Eklablog

Publié le par Elettra

Eloïse

 

Eloïse se regarde dans le miroir,

Où sont passées les boucles noires

Qui l’habillaient du matin au soir ?

Coupées, parties, arrachées, tombées,

Bien trop vite, elle est désespérée.

Que vont penser ses camarades

Demain dans la cours de l’école,

Indifférence générale ou secrète rigolade

Ces pensées trop sombres l’affolent.

Et Marta, sa meilleure amie

Elle, qui sait ce que sont les moqueries

Avec son accent venu d’ailleurs

Devant affronter sans cesse les esprits railleurs

Qui se moquent de sa prononciation

Certes différente, mais pleine d’imagination.

Ce matin, un nouveau jour vient déclore

C’est merveilleux, point de mort

Heureusement, cela signifie :

Qu’Eloïse est en vie

Et qu’elle pourra encore conjurer le sort.

Chemise, jeans, ceinturon et bandana sur la tête

Eloïse est fin prête.

Elle pénètre discrètement dans la cour

Et déjà entend les rumeurs de certains discours :

Drôle d’allure, pas habituelle

Coiffe étrange, peu conventionnelle.

Les autres s’écartent sur son passage

Auraient-ils des peurs d’enfants pas sages ?

Mais Eloïse est en vie

Alors elle leur sourit.

Son amie, Marta brave les railleries

S’approche d’Eloïse, prend sa main attendrie

Sous les regards de ces persécuteurs

Marta pense : de quoi ont-ils si peur ?

Ils sont déjà si contaminés

Par tant de préjugés.

 

Marie-France Ochsenbein
Née en 1971 en Seine-et-Marne, Marie-France Ochsenbein est membre de l'Etrave et de Poètes sans Frontières. Elle publie également dans plusieurs revues comme Le Cafard Hérétique, Le Capital des Mots, L'Ampoule, Traction-Brabant, Short Edition...

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